Développement. Que fait l’Etat pour le monde rural ? Extraits


Libre échange et enjeux de développement

L'ampleur de l'échec des politiques publiques visant le développement du monde rural apparaît avec force dès que la donne du libre-échange entre en jeu. Aux alentours de 2010-2012, les accords signés par le Maroc toucheront, tôt ou tard, la question agricole. Concernant le mode de production, et donc les revenus de la société rurale, ils auront un impact énorme sur la configuration future du milieu rural. Le libre échange sera, non pas un producteur de richesse, mais de précarité et de tension sociale. Que faut-il faire alors ? Evoluer vers une agriculture multifonctionnelle, valoriser localement les ressources, redéfinir le rôle de l'Etat ? Telles sont les propositions des spécialistes pour une nouvelle politique rurale.
L'agriculture multifonctionnelle est une activité qui prend en compte l'environnement et le développement des espaces dans le monde rural pour favoriser le tourisme vert et inciter les citadins à investir à la campagne. L'acquisition de terrains ruraux par les citadins est une forme d'épargne très spéculative. L'achat vise soit la construction d'une habitation secondaire, soit un investissement touristique de petite envergure, soit, et c'est la majorité des cas, une opportunité de revente après révision du tracé urbanistique.
En revanche, la valorisation des bourgs repose sur l'encouragement des produits du terroir, mais aussi de l'artisanat ou d'autres secteurs ayant une spécificité locale. Le plan dévoilé récemment par Adil Douiri, ministre du Tourisme et de l'Artisanat, peut s'inscrire dans cette logique.


Alternative. L’éco-tourisme

“Aujourd'hui nous comptons près de 150 000 touristes par an qui s'intéressent au tourisme vert. Nous visons 1,5 million à l'horizon 2015. Le développement de l'artisanat devra également y contribuer”, avait déclaré à la Vie Eco, Mohamed Mohattane, en charge du département du développement rural. Parlant d'une stratégie, certes trébuchante et parcellaire, Mohattane cherche néanmoins à exploiter une piste alternative à l'agriculture. Ce plan commence par le projet de Géoparc du M'Goun. Situé au cœur de la chaîne du Haut Atlas, ce site protégé s'étendra sur une superficie de 7600 km2 et couvrira les régions de Béni Mellal, Azilal et Demnate. Prennent part au projet plus de 50 communes, l'Agence de développement social, l'APPGM (association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc), le ministère du Tourisme et la Région. Un musée géologique pour la ville d'Azilal est également prévu.

Par Khalid Tritki

Hebdo Tel Quel n°204 du 04/01/2006